Le toucher est un besoin biologique qui implique l'Autre ! Dans le toucher quelque chose se passe dans le corps au niveau sensoriel et au niveau des sensations physiques, de l'ouverture émotionnelle...du coeur.

Lorsqu'un enfant a la dose de calins qu'il réclame, quand nous lui ouvrons nos bras (et notre coeur), qu'il est caressé ou chatouillé, qu'on prend soin de lui, il se sent aimé et aimable.

le toucher est donc un besoin physio-psycho-affectif....Qu'en est-il de votre besoin de toucher et d'être touché pour l'adulte que vous êtes devenu aujourd'hui?

Ce besoin physiologique essentiel depuis notre plus jeune âge, tend à prendre de la distance lorsque nous grandissons. Pour répondre à des exigences culturelles, sociales, nous touchons moins et nous sommes moins touchés. Cela veut-il dire que notre besoin a disparu pour autant ?

Suivant l'endroit où l'on se trouve sur notre planète et notamment dans "notre" société, ce besoin est plus ou moins satisfait. Comme il l'est plutôt moins que plus, nous trouvons des biais, des moyens détournés, acceptables en société, de répondre tout de même à notre besoin : bises à peine posées sur les joues, tapes dans les mains ou sur l'épaule, serrages de main etc...

Et ici notez encore ce que cela vous fait :

- si une personne qui vous serre la main plus longtemps qu'admis ordinairement,
- Si une personne pose sur vos joues de vrais baisers
- si une personne prolonge ses tapes dans le dos...

Cela vous questionne sans doute et vous vous demanderez peut-être ce qu'elle peut bien vouloir de vous, ce qui lui prend (?) qu'est-ce que cela veut dire etc....Dans certaines régions de France les hommes se font "la bise" et dans d'autres régions l'on se demandera si cette personne n'aurait pas des tendances homosexuelles....(hé oui cela s'entend encore !!!)

Le toucher est donc codifié ! Il ne reste que les relations "intimes" ou que la sexualité pour combler notre besoin de toucher et quand le toucher fait défaut parce que la sexualité fait également défaut...que reste-il ?

Les hommes et les femmes ne sont pas égaux face au toucher. On admettra davantage de voir se promener bras dessus-dessous deux copines que deux copains ! Non ? Et si pourtant.....!

Nous aurions maintes occasions de satisfaire notre besoin de toucher mais au lieu de cela, nous restons sur notre insatisfaction. Mais vous allez me dire : "je ne me sens absolument pas insatisfait, moi ! ". Croyez-vous que nous soyons toujours conscients de nos réels besoins ?

Nous sommes en effet tellement coupés de ce besoin essentiel, que non seulement nous ne sommes plus conscients de ce manque, mais qu'en plus nous trouvons mille raisons de justifier le "non toucher", parce que "ça éveille en soi", parce que ça fait peur pafois, parce que ça fait remonter les manques éventuels ect...

Se retouver en famille, aller voir mamie, papi, tantes et oncles, cousins et cousines, les amis de toujours, les proches, c'est l'occasion de se manifester que l'on tient les uns aux autres. C'est l'occasion d'embrassades, de jeux, déchanges tout autant que de déguster une bonne tarte aux pommes maison.

Quand je parle de toucher cela ne veut pas dire que l'humain a forcément besoin de passer son temps l'un dans les bras de l'autre. Cela veut dire que les gestes de tendresse de personnes importantes pour soi et qui jalonnent notre vie sont importants pour notre équilibre.

Le toucher sans contact est impossible. Et le contact vrai, réel, nous fait de plus en plus défaut !

Le progrès technologique : avantages et inconvénients

La distance entre les personnes à suivi de développement de notre société avec l'ère industrielle. Lorsque les familles vivaient encore dans le même village voire dans la même maison, un enfant en manque de toucher, d'affection, d'attention, pouvait encore trouver chez une tante ou une grand-mère ce qui lui faisait défaut.

Avec l'éclatement géographique des familles cette compensation possible se fait dans le meilleur des cas au rythme des événements ou fêtes de famille, des vacances scolaires. Dans le meilleur des cas.....

Le sentiment de solitude est un des fléaux de notre société.
Il est parfois insupportable de se sentir seul au milieu des autres !

Notre besoin de toucher est mis à mal et l'avancée de la technologie, de nos modes de vie, n'a rien arrangé à la chose.Il n'est pas question de jugement ici, il est question d'être lucides !

Et de regarder quels sont les avantages sur ces avancées technologiques sans se fourvoyer sur leurs inconvénients afin de conserver un équilibre dans nos relations sociales, affectives, intimes.

  • Avant que le téléphone ne naisse, pour avoir des nouvelles de quelqu'un il fallait se déplacer. Le téléphone a permis toutes sortes de choses très utiles certes, mais d'un contact physique nous passions déjà au contact auditif.
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  • Avant que la télévision ne naisse, il fallait aller voir les spectacles ou manifestations et être présent physiquement. On jouait aux cartes, on se racontait des histoires, on parlait de tout et de rien, on riait en se tapant sur l'épaule bref ! on passait du temps ensemble. Et d'un contact plein, entier, de votre personne, vous êtes passé à un contact visuel, auditif, émotionnel mais "à distance" et chacun pour soi. Les avantage ont aussi leurs inconvénients.
  • Avant que le téléphone portable ne naisse, vous pouviez prendre un temps pour vous, dans un instant de solitude, être juste face à soi. Débranché de votre environnement, vous pouviez reprendre contact avec vous-même dans votre intimité. Aujourd'hui qui ne vous a pas dit un jour : mais tu ne réponds pas, à quoi sert un portable si tu n'es pas joignable ?
  • Avant les tchats sur Internet les gens étaient obligés de se rencontrer physiquement pour faire connaissance. Evidement cela nous confrontait à notre capacité ou non capacité à entrer en contact avec l'autre. Certaines personnes se contentent d'un contact uniquement "virtuel" sans jamais rencontrer qui que ce soit ! Si le virtuel n'est plus un moyen supplémentaire de....mais devient l'unique moyen de....alors il serait peut-être utile de se questionner.

Du toucher corporel au toucher émotionnel

Ne plus être touché corporellement, c'est aussi peut-être ne plus être touché émotionnellement ou réduire considérablement l'aspect émotionnel/sentiment. Tenir les émotion/sentiments à distance...ne pas prendre le risque d'une émotion éventuellement envahissante, "non gérable", gênante...

La proximité physique entraîne donc des émotions, sentiments, états d'être. L'expression de nos émotions et celles des autres est un sujet délicat, puisque notre éducation, notre milieu social et culturel, nous ont "appris" à ne pas les laisser trop transparaître.....A dose homéopathique s'il vous plait ! Juste ce qu'il faut quoi !

Devant les émotions des autres, nous sommes mal à l'aise ! Comme nous le sommes avec les nôtres ! Au pire, elles sont considrées comme des trahisons de notre vie intérieure, comme l'expression visible à la face de tous, de nos plus secrètes pensées. Il faut donc les cadenasser, les contrôler en les maintenant à l'intérieur.

Pourtant qu'est-ce qui rend une relation particulière si ce n'est de pouvoir être un peu plus soi avec cette personne là, avec moins de contrôle, moins de "retenue", moins de masque social !

Quel plaisir de pouvoir pleurer sur l'épaule d'un ami ou de se prendre dans les bras, d'oser dire qu'on l'apprécie et qu'on l'aime, qu'il compte vraiment dans notre vie. Quel plaisir les fous-rires à s'en déccrocher les mâchoires, les moments de rires entre copains autour d'un plan de travail où l'on prépare "une bonne bouffe"....Hé! Oui!....

Vivre sous anesthésie émotionnelle, ne fut-ce qu'en être coupé partiellement réduit considérablement le champ de vie, le sentiment d'exister !

Devenir responsable de soi

Lorsque vous étiez enfant vous n'étiez pas responsable de ce que l'on vous a donné ou non, en termes d'attention, de tendresse et d'affection, de calins et de toucher. Vous n'êtes pas responsable de ces manques éventuels et de leurs répercussions, qu'ils soient conscients ou inconscients. Si une personne se construit en fonction de ses acquis, elle se construit aussi en fonction de ses manques.

Vous n'êtes pas responsable de ce qu'on a fait de vous ! Mais aujourd'hui.....l'adulte que vous êtes est responsable....de ce que vous allez faire....de ce qu'on a fait de vous !

Cette position permet de passer de l'état de victime à l'état de personne responsable et agissante pour son bien-être. Cela permet de dépasser le stade des reproches (à soi et aux autres) que vous pourriez formuler durant toute une vie sans que cela ne change quoi que ce soit !

Pour accéder à cet état de responsabilité, il faut d'abord accueillir le sentiment d'avoir manqué de...reconnaître quels sont nos besoins et nos manques. Les accueillir en faisant l'expérience que s'il y a une partie de soi qui n'a pas été suffisamment nourrie, je peux alors la nourrir aujourd'hui !

Accueillir d'abord le sentiment d'avoir manqué de....et qu'est-ce que je fais maintenant pour transformer cela ? Quelle leçon en tirer ? Quel acte concret est-ce que je pose pour ne pas rester sur un constat mais le transformer en quelque chose de positif ?

 

Marie-Ange Vialas-Foulon

 

Source : vialas.net

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